Recomposition du paysage politique au Bénin : La ruée vers Boni Yayi (L’Uni­on fait la Nation vole en éclats)

Publié le par gilmax

yayi-boni-investiture-6-avril-2011Le Président de la République, Boni Yayi est de tous, celui qui aura capitalisé plus de soutiens dans l’histoire politique du pays. Si la fin de son premier mandat a connu des secousses et des périodes bien difficiles qui ont consolidé l’opposition sans compter ses anciens alliés qui, pour une raison ou une autre ont décidé de retourner leurs armes contre lui. Mais ironie du sort, pendant que les politiques acéraient leurs armes contre le Président Boni Yayi, la majorité des populations avaient une autre appréciation de ses actions tels que les micro-crédits aux plus pauvres, le processus de reversement des enseignants communautaires en agents contractuels d’Etat (Ace) , celui des enseignants contractuels en agents permanents de l’Etat, celui des agents contractuels de santé dans la fonction publique, sans compter la gratuité partielle et totale dans certains cas de la césariennne et autres.
Au bout du rouleau, c’est le Président de la République, Boni Yayi qui sort fortifié des scrutins présidentiel et législatif. Bien que sa victoire à la présidentielle (53% au premier tour ) et celle des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) (41 députés) , sa formation politique, et de ses alliés (9 députés) lui donnent les coudées franches pour engager et concrétiser les grandes réformes annoncées, le Président Boni Yayi a décidé de tendre la perche à tous ceux qu’il a laissés en rade . Conséquence, c’est la ruée vers la mouvance présidentielle et en même temps la désintégration des formations politiques. La preuve vient d’être donnée par la publication de son premier gouvernement pour son second et dernier quinquennat. Dans ce gouvernement, on retrouve certains de ses adversaires politiques qui se sont ralliés à lui. Il s’agit par exemple de Me Elise Gbédo, Ministre de la Justice, candidate malheureuse au scrutin présidentiel de mars 2011, l’ancien maire d’Abomey, Blaise Ahanhanzo Glèlè, membre influent du parti la « Renaissance du Bénin » parti-membre de l’Uni­on fait la Nation, aujourd’hui Ministre de l’environnement, de l’urbanisme. Il y a également le cas de Boniface Yehouétomé, secrétaire exécutif de la Rb et 2eme coordonnateur national de l’Uni­on fait la Nation qui a été élu 2eme vice président de l’Assemblée nationale. Cette main tendue de Yayi a permis à la RB de rallier la mouvance présidentielle, consacrant ainsi l’éclatement de l’Uni­on fait la Nation. De plus au niveau de l’UN, il est noté des dissensions lors de la formation des groupes parlementaires à l’Assemblée nationale. Des mésententes qui ont fini par fragiliser l’opposition. A cela, il faut ajouter d’autres leaders politiques de l’opposition et pas des moindres, qui élus députés ont préféré rester « non inscrits » en attendant de rejoindre la mouvance présidentielle, selon certaines indiscrétions. Il s’agit entre autres de Venance Gnigla, Issa Salifou (Saley), Aditi Houdé, et autres. La cerise sur le gâteau pour Yayi aura été la déclaration de soutien de certains jeunes du Prd, de son challenger Me Adrien Houngbédji. A cette allure d’ici la fin du printemps, il ne restera de l’opposition qu’une coquille vide. Boni YAYI qui a toutes les manettes en main pourra diriger en toute sérénité sans craindre le déluge.

Matini MARCOS
Journal AUBE NOUVELLE  31/05/11

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