Mariam Diallo, Conseiller spécial aux affaires diplomatiques: « On pourrait dire que nous partons sur un nouveau départ »

Publié le par gilmax

Photos-Speciaux-9073.JPGA l’issue des échanges de cette rencontre non statutaire des chefs d’Etat et de gouvernement qui a duré environ 8 heures d’horloge, c’est l’ancienne ministre béninoise des Affaires étrangères, Conseiller technique du président de la République aux affaires diplomatiques, Mariam Diallo, qui a fait le point à la presse. Pour la diplomate, au regard des nombreux sujets débattus et dont elle a fait mention, on pourrait affirmer que l’Ua repart sur de nouvelles bases. Lire l’intégralité de ses propos. « Ainsi que nous l’avons annoncé, il s’agit d’une rencontre informelle que le président de la République du Bénin, qui est le président en exercice de l’Union africaine a voulu faire avec ses collègues pour avoir une feuille de route pour les douze (12) mois à venir. Donc, c’est à son initiative que s’est tenue cette rencontre, et j’insiste sur le caractère informel parce qu’elle n’est pas du tout statutaire. Vous avez dû voir les chefs d’Etat qui y ont pris part. Ils étaient un certain nombre. Il y avait les présidents de l’Afrique du Sud, du Burkina-Faso, du Congo, de la Côte-d’Ivoire, de l’Ethiopie, du Gabon, du Libéria, du Niger, du Nigeria, du Rwanda, du Tchad et du Togo. L’Angola, la Guinée Equatoriale, le Mali et l’Ouganda étaient représentés au niveau ministériel. Etant donné que c’était une concertation entre chefs d’Etat, ils ont juste délivré les messages de leur président et ils ont quitté la salle, afin que les chefs d’Etat puissent échanger de manière sincère, directe et franche. Et c’est ce qui s’est passé dans la salle. Cette réunion vient du 18ème sommet qui a eu lieu à Addis Abéba. De quoi ont-ils parlé ? C’est vraiment pour l’élaboration d’une feuille de route. Ils ont parlé du renforcement des capacités de l’institution. Ils ont parlé également du renforcement de l’unité d’action. Unité politique de l’Union africaine, parce que sans l’unité politique, il ne peut pas avoir d’action, et sans action il n’y aura pas de développement. Pour ce qui est de la redéfinition du fonctionnement de l’Union, ils ont vraiment échangé sur beaucoup de points : règlement du fonctionnement de l’Union africaine et ses organes statutaires, l’élaboration de la définition d’une feuille de route, l’amélioration de l’organisation du travail au sein de l’Union africaine, notamment en ce qui concerne la définition du temps pour des résultats plus probants (quand on convoque une réunion à 10heures il faut que cela commence à 10heures, à l’ordre du jour, il ne faut pas qu’il y ait beaucoup de points pour leur permettre d’échanger pleinement sur tous les points et de manière pratique, surtout sur les points qui concernent le développement. Ils ont échangé sur la nécessaire stabilité du continent ; stabilité, paix sans lesquelles aucun développement n’est possible. Ils ont échangé sur la nécessité de renforcer l’harmonie et la cohésion, de cultiver les valeurs communes et de développer davantage l’esprit de consensus au sein de l’Union. Ils ont également échangé sur le leadership du continent dans la gestion des affaires africaines et du monde ; l’instauration d’un dialogue entre les communautés économiques régionales, leur renforcement en vue d’accélérer l’intégration du continent. Les échanges se sont déroulés dans une ambiance très conviviale ; j’insiste là-dessus parce que personnellement, c’est la première fois que je vois des chefs d’Etat qui disent très franchement ce qu’ils pensent, sans utiliser les mots qui vont arranger les uns et les autres et c’était une très bonne séance. Globalement, on pourrait dire que nous partons sur un nouveau départ. C’est une rencontre informelle, ce sont des échanges, il n’y a pas eu un communiqué final, il n’y a pas eu une déclaration finale, je vous donne juste des éléments pour que vous puissiez savoir de quoi ils ont parlé. Donc ce dont on a discuté ce soir, ça va être versé dans l’agenda de l’Union africaine parce que tous ne sont pas représentés ici, ce sont les présidents des Communautés économiques régionales et les Doyens. C’est pour tirer vraiment profit de leur expérience qui est très riche qu’on les a invités. Et c’est pour faire une feuille de route conséquente. Donc, les préoccupations exprimées ici, les échanges, les résultats, les conclusions seront versés aux travaux de la prochaine session de l’Union. Pour ce qui est de l’élection du président de la Commission, ce n’était vraiment pas l’objet à l’ordre du jour. Le président, vous l’avez entendu, il l’a annoncé. Néanmoins, ils ont échangé là-dessus, et cet échange c’est pour permettre au Comité des huit (08) qui a été décidé à la dernière conférence (A la dernière conférence, un Comité de 08 chefs d’Etat a été mis sur pied à savoir les présidents des 05 régions, plus le Gabon dont un des candidats est issu ; l’Afrique du Sud dont un candidat est également issu et le Bénin qui assure la présidence, donc cela fait les huit) cela va être une réunion statutaire, parce que décidée par la conférence. Donc les huit chefs d’Etats devront se réunir pour voir comment Malawi ne va pas être un échec. Donc ce qui a été dit aujourd’hui, c’est pour permettre au Comité des huit de ne pas tourner en rond. Voilà globalement de quoi il a été question. J’insiste qu’il s’agit d’une réunion très informelle. Il n’y a pas eu de déclaration, il n’y a pas eu de communiqué à la fin ». Propos recueillis et transcrits par Jacques A. Boco / Actu Bénin

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