Contrôle de prix par consommateurs: Attention aux mercenaires!

Publié le par gilmax

Vendeuses au marchéLe gouvernement béninois ne veut pas mener seul le combat de la lutte contre la cherté de la vie. Pour impliquer les citoyens dans le combat, le chef de l'Etat béninois a rencontré en début de semaine les membres des différentes associations de consommateurs. La question est de savoir, de quelle légitimité disposent ces associations de consommateurs pour mieux accomplir cette mission ?

La crise économique qui a secoue en ce moment les pays en voie de développement touche aussi le Bénin. Pour pallier à cette situation et éviter que les citoyens subissent les conséquences de la crise, le gouvernement a pris certaines mesures, notamment l'ouverture des boutiques témoins et leur approvisionnement en céréales. Mais l'introduction dans le système portuaire du programme de vérification des importations PVI semble devenir une occasion de surenchère pour les commerçants; d'où la persistance de la crise économique. Les opérateurs économiques ont profité de cette réforme pour augmenter les prix des produits de première nécessité. Face à cette nouvelle situation qui s'ajoute aux conséquences de la crise économique, le gouvernement en conseil des ministres a fixé le prix de certains produits. Pour faire connaitre ces prix aux populations, le gouvernement a organisé une tournée gouvernementale pour sensibiliser les opérateurs économiques et les citoyens. Des descentes de contrôle de prix sont régulièrement effectuées dans les marchés par les membres du gouvernement et surtout les cadres du ministère du commerce pour décourager la spéculation sur les marchés. Malgré ces mesures, on assiste toujours à la flambée des prix dans les villes et campagnes. Pour renforcer ses actions et mettre fin au désordre, le gouvernement a appelé à son secours les associations de consommateurs pour l'aider à contrôler les prix sur les marchés. La grande interrogation de l'observateur est de savoir ce que peuvent ces associations, qui pendant longtemps, ont été absents dans la défense des consommateurs. Ceux qui à la suite du communiqué du gouvernement se sont rendus au palais de la présidence, sont ils réellement les membres des associations de défense des consommateurs ? Avec cette nouvelle mission du chef de l'Etat, comment ces derniers pourront-ils travailler sans outrepasser leurs prérogatives et virer dans l'intimidation et la corruption des commerçants? Autant d'interrogations qui laissent perplexes les observateurs qui se demandent où se trouvaient ces associations de défense des consommateurs depuis la naissance de la crise et le rôle qu'ils ont entre temps joué. Selon un consommateur béninois qui a suivi la rencontre du chef de l'Etat avec les associations de défense des consommateurs, ceux qui se sont rendus au palais de la présidence sont en réalité des grogneurs qui dénoncent des faits qui le méritent sur nos chaînes de radios et de télévisions. Cela suffit-il pour que ces derniers se prévalent de cette attribution de représentants des consommateurs ? se demande-t-on. Au risque de se voir qualifiés d'oiseaux de mauvais augures, les observateurs s'empêchent de douter de la crédibilité de ceux là qui se réclament défenseurs des consommateurs, mais veulent avoir des preuves de leur légitimité. Des mauvaises langues disent qu'il en existe bien qui créent les associations de défense des consommateurs pour se retrouver dans le conseil d'administration des sociétés d'Etat et privées où ils représentent les consommateurs sans pouvoir jamais les défendre. En réalité, le consommateur béninois a d'énormes problèmes mais comme il n'a pas de représentant, il est obligé d'en faire un chapelet du fait de son incapacité face aux sociétés qui le grugent allègrement.   Même si les associations doivent se constituer au lendemain de la rencontre avec le chef de l'Etat, de quels pouvoirs disposent-elles pour réprimer l'inflation sur les marchés ? L'initiative du gouvernement de collaborer avec ces associations pour régler les problèmes de la cherté au Bénin est certes édifiant, mais il urge encore pour le chef de l'Etat trouve dans le rang de ces derniers de vrais défenseurs des droits de consommateurs pour le soulagement effectif des citoyens et consommateurs. Attentions donc aux brebis galeuses.

Cosme Kèkè /  Adjinakou

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