Adam Boni Tessi sur l’actualité politique "La mouvance va accorder une commission à l’opposition"

Publié le par gilmax

 


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Adam Boni Tessi, député Fcbe

Des derniers limogeages faits par le chef de l’Etat aux erreurs de la 5ème législature en passant par les concessions de la mouvance (6ème législature) à l’opposition. Ce sont autant de sujets sur lesquels, le député Adam Boni Tessi s’est prêté. Pour lui, l’erreur monumentale de la 5ème législature est d’avoir fait perdre près de 600 milliards d’accord de financement à la nation. Le député élu sur la liste Fcbe dans la 7èmeCirconscription (Nikki, Bembèrèkè, SinendéKalaté) affirme par ailleurs, que pour la mise en place des commissions parlementaires, la mouvance fera de son mieux pour donner une commission à l’opposition. Raison évoquée : la démocratie est la dictature des chiffres.

Le chef de l’Etat a récemment limogé tous les conseillers et chargés de mission. Quelle est votre lecture de cet du Dr Boni Yayi ?

Je pense que le chef de l’Etat a promis quelque chose, après avoir fait le bilan de son 1er quinquennat. Il a apprécié tout ce qui a été fait et c’est suite à cela qu’il a parlé de refondation. La refondation exige un certain nombre de réformes qui doivent remettre en cause ce qui était en cours. C’est dans ce cadre que le chef de l’Etat a dû limoger tous ses conseillers et chargés de mission.

Est-ce à dire que pendant le 1er mandat de Boni Yayi, ces conseillers n’ont servi à rien ?

Non, ils ont servi à beaucoup de choses. Mais pour un nouveau départ, il faut quand même s’arrêter et faire le vide autour de soi avant de se repositionner. Je crois c’est dans ce cadre que cette action a été amenée.

Est-ce cela qui justifie aussi le limogeage des Dg Sbbe et douanes ?

Vous savez que des actions pareilles ont été menées au début du premier mandat par le chef de l’Etat. Et cela a plus aux populations. Mais au niveau de la classe politique et d’un certain nombre de responsables, les gens avaient critiqué cette manière de faire. Le fait qu’il ait arrêté a fait que de mauvaises habitudes ont commencé non seulement à s’installer, mais aussi à perdurer au vu et au su des populations. Aujourd’hui qu’il a été réélu d’une manière qui l’interpelle lui-même, je crois qu’il est obligé de revoir ses actions. Et c’est cela qui amène à ces limogeages. Je pense que quelqu’un qui fait mal, on ne peut pas continuer de la garder.

Faut-il pour vous attendre la décision de la Cour constitutionnelle avant de continuer les travaux à l’Assemblée nationale ?

Les recours ne sont pas suspensifs en matière de droit. Les gens sont dans leur plein droit de déposer les recours. Mais le fait d’avoir déposé leur recours ne signifie pas automatiquement qu’ils ont raison. L’instance habilité à étudier les recours va le faire. Et si elle invalidait, elle va dire ce qu’elle a invalidé éventuellement. Mais si elle n’a pas invalidé, tout le monde prendra acte.

Et quelle est votre lecture de l’entrée de la Rb au sein du bureau de la 6ème législature ?

La Rb a fait preuve de réalisme, parce qu’on a beaucoup fait du dilatoire jusqu’ici. Et ces dilatoires ne nous ont jamais mené à bon port. Vous savez, la population elle-même en a assez, elle en a ras le bol. Je pense que la Rb a été bien avisée de tenir compte de l’opinion publique et de pouvoir réagir en tenant compte de cette opinion. Nous avons été envoyés au parlement par la population. La population a des attentes. Ces attentes ne peuvent pas être résolues dans du dilatoire permanent. Il faut qu’on se rappelle chaque fois de cela, qu’on prenne la mesure des choses pour réagir en conséquence.

Au regard de tout ce qui s’est passé à la 5ème législature, est-ce une maladresse d’avoir reconduit le président Nago à la tête de la 6ème législature ?

Il n’a pas été prouvé que ce soit du fait du président Nago que l’Assemblée nationale a été dans ces situations. Je fais partie de cette Assemblée. Ceux qui sont à la base de cela, une partie n’est pas revenue. Puisque ce n’est pas Nago qui menait les actions et qui tapait sur les tables. Au contraire Nago faisait son travail. On le perturbait, parce que ce n’était pas lui qui était visé. Les actions que les gens posaient, sont de nature à destituer le président NAGO et par ricochet le chef de l’Etat. Il a fallu qu’un certain nombre de députés soient avisés pour ne pas aller dans ce sens. C’est cela qui a permis qu’ils n’ont pu arriver à leur fin. Je crois que Nago a fait son travail. Il mérite alors d’être félicité, d’être soutenu. Le travail qu’il a abattu est un travail de qualité. Ce n’est pas tout le monde qui pouvait résister dans cette situation. On n’était pas nombreux à être derrière lui, mais on avait formé un bloc pour le soutenir parce qu’on pensait qu’il allait dans le bon sens. Aujourd’hui, cela n’a pas été difficile au sein de la coalition qui soutient le chef de l’Etat que Nago soit reconduit.

Et pour cette 6ème législature, pensez-vous que ce bloc sera toujours homogène ?

Bien sûr ! Nous avons été un groupe homogène dans le temps. Aujourd’hui, il y a de nouveaux députés. Nous allons travailler pour faire en sorte que les nouveaux députés soient aussi engagés que nous. Car nous défendons la bonne cause. C’est une affaire de conviction, d’engagement. C’est cela qui a permis à l’opinion nationale de juger et de conclure que c’est bon. Boni Yayi a été réélu à plus de 53% et la liste présentée par le chef de l’Etat aux législatives a eu 41 députés. Cela ne s’est jamais produit dans l’histoire de ce pays. Cela veut dire que le peuple n’est plus dupe. Et il sait ce qu’il veut.

Quelle sera alors pour vous la particularité de la 6ème législature ?

Ce sera une législature qui va tenir compte des erreurs faites lors de la dernière législature et qui se démarquera de ces erreurs. La 6ème législature fera tout pour que la population puisse avoir ce qu’elle doit avoir de la part d’un élu.

Vous reconnaissez qu’il y a donc eu des erreurs lors de la 5ème législature ?

Tout à fait, il y a eu beaucoup d’erreurs

Parlez-en de quelques unes

C’est le fait qu’on n’a pas pu voter un certain nombre d’accords de financement. Comme vous le savez, le Bénin n’est pas seul pour aller sur le marché du financement. C’est un marché sur lequel tout y va pour chercher. Et c’est de là-bas que nous avons pu rapporter près de 600 milliards dont les accords n’ont pas été étudiés par l’Assemblée nationale. C’est une erreur monumentale. Car, quel que soit le bord politique des uns et des autres, les travaux issus de ces financements vont dans le sens de l’intérêt général. Cela va profiter à la mouvance et à l’opposition. Si on a été élu et qu’on reste camper sur notre position en privant les populations de ces opportunités, je pense que c’est une erreur monumentale.

Mais au même moment, ne craignez vous pas que l’Assemblée soit une caisse de résonnance ?

Elle n’a jamais été une Assemblée godillot. Ceux qui parlent ainsi disent quelque chose d’autre. Ils veulent une assemblée qui soit une assemblée de confrontation avec le chef de l’Etat. Mais ce sont des institutions qui doivent se compléter. Il faut réfléchir dans ce sens là.

On n’a pas dit que les institutions ont été créées pour s’affronter tout le temps. Il faut que les institutions se complètent, qu’elles se concertent avec chacune assurant ses prérogatives. Le chef de l’Etat ne doit pas légiférer à la place des députés et les députés ne peuvent exécuter les décisions à la place du gouvernement. Nous avons toutes les prérogatives qui sont le contrôle de l’action du gouvernement. Est-ce qu’on les a rempli comme il faut ? Dans le passé cela ne se faisait pas. Mais la 5ème législature a commencé. Maintenant, on fera tout pour aller encore plus en profondeur. Le chef de l’Etat l’a toujours réclamé pour venir contrôler ses actions. Il y a des contrôles qui ont démarré. Des gens sont allés et ils ont vu que cela n’allait pas dans le sens de ce qu’il recherchait, ils ont laissé tomber. Les rapports n’ont jamais été présentés en plénière. Ce que je condamne en tant que financier, parce qu’ils ont perdu des perdiems. Si vous prenez des perdiems, c’est pour faire un travail. Vous faites un travail et vous ne concluez pas. Malheureusement beaucoup d’entre eux ne sont pas revenus.

Quelle sera la place de l’opposition dans les commissions parlementaires qui seront désignées ?

La démocratie est la dictature du nombre. Quand vous avez la majorité, vous dictez votre loi. Nous avons été majoritaires au départ de la 5ème législature. Après on a été minoritaire. Quand on était majoritaire, les gens ont subi notre loi. Quand on est devenu minoritaire, on a subi leur loi. Aujourd’hui, nous sommes majoritaires. Mais nous avons fait une ouverture pour prendre un membre de l’Union fait la nation dans le bureau. Dans les commissions, on fera tout pour donner une commission aux gens de l’Un. Cela permettra qu’on sache que nous avons l’ambition de partager. Et que nous avons tiré leçon de ce qui s’est passé antérieurement.

Un mot pour conclure cet entretien

D’abord je vous remercie pour l’opportunité qui m’a été offerte. Ensuite, je dis au nom des députés de la mouvance que, nous ferons tout pour qu’il y ait la cohésion entre nous, pour que l’attente de la population soit comblée, pour ne plus présenter une image d’une assemblée qui a été décriée, pour que les gens soient satisfaits d’avoir voté pour nous.



27-05-2011, Charles YANSUNNU

LA FRATERNITE

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